Espagne du Sud

Nous découvrons la côte espagnole dans le cœur de l’automne.  Elle s’avère ne pas être très riche en mouillages, et nous devons du coup changer nos habitudes de criques et de baignades pour quelques temps en allant fréquenter les marinas, fort heureusement assez peu chères. Les costa del Sol et costa Blanca sont en effet des côtes régulières, démunies de reliefs ou de petits recoins où s’abriter de la houle, mais en revanche, de grandes et belles villes portuaires à visiter.

Traversée d’Ibiza à la péninsule, arrivée à Moraira

MorairaCette traversée fait moins de 100 milles, je ne lui ai donc pas consacré un article a elle seule, car elle ne pose pas de difficultés particulières. Le vent portant d’Est force 3/4 nous a permis une belle descente sous spi. Nous ne l’avons affalé qu’avec l’arrivée de la nuit, et pour traverser sereinement le TSS (une zone organisée pour le trafic des cargos) situé quelques milles avant notre arrivée sur la côte. Nous arrivons très facilement dans la baie de Moraira de nuit , ou la mer s’aplatit derrière la grande masse sombre des falaises qui protège bien de la houle d’Est, et nous posons notre ancre rapidement pour aller se coucher.

Au matin, nous découvrons une petite baie bien cachée derrière la pointe rocheuse. Il y a une très belle plage, mais cette côte semble recouverte uniquement de maisons de vacances un peu vides. Un bon mouillage, mais peu intéressant. On repart donc de plus belle.

Alicante

Navigation au près dans un vent léger, puis nous finissons au moteur quand le vent tombe. Nous arrivons à la Marina d’Alicante (moyennement chère), bien protégée au fond d’un avant port réservé à des porte-containers et cargos. Ici, on s’amarre au ponton visiteur directement, et c’est là qu’on passe la nuit.

On sort se balader en ville, c’est Samedi soir et on sent déjà la ville vibrer. Les abords du port sont vivants, les gens se promènent partout. La ville n’est pas vraiment belle, mais le front de mer est une large promenade bordée de palmiers. En s’enfonçant dans les petites ruelles étroites, un peu sales mais chaleureuses de l’animation qui s’y déroule, on découvre un mélange d’Anglais en vacances et d’Espagnols sortis faire la fête. Dîner sur le pouce et mojitos dans l’ambiance et la foule.

Cabo Roig

Nous faisons malheureusement toute la journée au moteur pour cette étape, sous un beau soleil et une mer d’huile au reflets dorés.  On en profite pour pécher, et Silviya attrape un joli spécimen, très combatif : un Denti (Dentex Dentex). L’accomplissement pour un pécheur-dentiste !

Dentex dentex

Arrivés à Cabo Roig, nous mouillons devant la sortie du port, un peu vers la plage. Ce n’est pas un très bon mouillage, mais la houle est faible et c’est très supportable. A terre, on découvre un endroit un peu étrange et totalement dénué d’intérêt. Des grandes villas avec vue sur mer, des lotissements derrière, et un centre ville… longeant l’autoroute. Les joies de l’urbanismes raté ! Il y a des endroits comme ça.

Le plus étrange, c’est que ca attire toujours une clientèle de touristes, et que le pub anglais avec vue sur le bitume est bien rempli. Nous on profitera juste d’un gigantesque bazar d’articles made in china pour trouver quelques petits leurres de pèche à des prix défiant toute concurrence !

Cartagena

Même scénario : mer d’huile, moteur, pêche. Le vent se lève fort juste à l’arrivée dans la baie de Carthagène, avec la nuit tombante. On s’amarre prestement aux catways de la marina du Yacht Port Cartagena, moins cher que la marina voisine, et très peu chère tout court, bien qu’un peu exposée aux vagues des cargos et pécheurs qui passent dans ce port gigantesque. Ca souffle fort dans la nuit, on est content d’être à l’abri et pouvoir sortir manger des tapas sans arrières pensées.

Port de Cartagena

On se fait une escale de plusieurs jours car la ville est superbe.  Des grandes rues dallées de marbre ou de grandes dalles de pierre polies, des façades soignées qui raconte l’histoire de la ville, plein de choses à faire et à voir, notamment un passionnant musée de la marine ou l’on découvre en maquettes la flotte espagnole à travers les âges : du 3 mâts et sa centaine de canons, aux premiers vapeurs, jusqu’au croiseurs moderne lance missiles. Des maquettes superbes de détail, les uniformes, des armes de poing exposées et jusqu’au missile longue portée dans le coin d’une pièce !

Aguilas

Nav lente à la voile (2BF) et fin au moteur. Ca devient une habitude, les côtes espagnoles sont calme à cette époque. Mais on ne va pas se plaindre, ca pourrait être pire, d’autant qu’on est escortés par des dauphins très souvent.

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Le mouillage devant Aguilas parait théoriquement tranquille, grâce à l’abri de la grand digue dédiée au nombreux bateaux de pêche, mais la houle persiste à faire son chemin pour le rendre inconfortable. La ville se révèle d’un look un peu vieillot, comme si tout était démodé. Mais les gens sont charmants, et j’essaye les quelques mots d’Espagnol que j’ai appris avec la boulangère qui me fait de grands sourires.  Cela dit, personne ne parle anglais ici, et j’adore être obligé de trouver un moyen de me faire comprendre. Plus fun que de parler anglais, et plus motivant pour apprendre du vocabulaire.

Carboneras

Pétole, moteur, bonite. On tiens le rythme !

Nous avions prévu de poursuivre la route un peu plus loin que Carboneras, mais la nuit tombant en même temps que la motivation au vu de la grande distance restant à parcourir, je cherche une autre option. A proximité au sud, deux immenses darses au pied d’une zone industrielle et minière donnent un look étrange et vaguement inquiétant a l’endroit. Je me décide quand même à tenter ma chance dans le petit port qui n’est fait que pour les pécheurs et des petites barques.

Les chalutiers chargés de filets sont énormes et se mettent tous à couple, ne laissant aucun petit morceau de quai. La capitainerie du port ne réponds pas, alors après un petit tour, je tente ma chance au poste à carburant où il reste un minuscule morceau de quai. Le pompiste et le responsable de la police du port sont là et m’autorisent spontanément et gentiment à passer la nuit sur leur bout de quai gratuitement. Tamouré n’est pas trop adapté pour un port comme ça, c’est un peu improbable mais j’adore. Ils n’ont pas beaucoup de visite et sont ravis de discuter. Je passe une grosse demi heure à parler avec le policier, je ne sais pas comment, mais en Espagnol. Le voyage que nous faisons le fait rêver, et on dérive sur toutes sortes de sujets jusqu’à ce qu’il m’aie conseillé le meilleur bar du coin pour la soirée.

Le village est charmant, simple et authentique, en bord de mer. C’est Halloween, et les enfants se baladent dans les rues en quête de bonbons. Quel plaisir de trouver ce petit havre de paix inattendu. Quel contraste avec la grande zone industrielle à quelques milles au sud.

Puerto de roquetas de mar

PMB® Pétole, moteur, bonite !

On arrive encore une fois à la tombée de la nuit. Le port a été refait entièrement, ca ne correspond pas trop au guide, mais nous nous amarrons au ponton visiteur pour la nuit, devant la vedette de la guardia civil. Ce sera d’ailleurs la première fois qu’on se fera contrôler pour les papiers du bateau. Contrôle qui durera longtemps, mais ou le chef viendra gentiment nous les rendre en parlant quelques mots de francais. Le projets de voyage, ça fait rêver.

Douanes et Guardia civil

La ville est sinon inintéressante à souhait. On se mange un kebab pour cause de flemme, et on se fait un film en mode “comme à la maison”. Ca fait un peu du bien de n’avoir rien à faire !

Calahonda

Une nouvelle journée de pétole, mais bien accompagnée par un groupe de dauphins. On arrive de nuit, ca devient une habitude, mais elle tombe de plus en plus tôt, dans un mouillage relativement protégé (ouf !) devant ce petit village. Pas mal de plongeurs partent d’ici en expédition la journée. C’est tout petit mais tranquille, et avec une jolie plage.

Plage de Cala Honda

Benalmadena (et Malaga)

A nouveau une journée calme, et nous visons le port de Benlamadena car le port de Malaga est plutôt réservé aux voiliers locaux dans le Yacht club, et le “Muelle Uno” qui accueille les bateaux de passage est 3 fois plus cher. Nous arrivons de nuit, une fois de plus juste après le coucher de soleil, avec des rafales à plus de 30 noeuds en rentrant dans le port.

Benalmadena s’avèrera être le pire port que je connaisse à ce jour. Nous sommes placés sur un quai qui doit être adapté à des bateaux beaucoup plus gros : difficile de monter sur le quai, les prises sont au standard 380V, les pendilles trop loin et nous devons bidouiller en rallongeant avec nos amarres. Passe encore, mais le vrai problème, c’est la forte houle qui réussi a rentrer dans le port et qui donner d’énormes coups sur les amarres. Quand le bateau est rappelé au quai, le coup est si fort qu’on peut tomber si on est debout. Sur Maravilha, le catamaran de Martin, voisin de quai avec qui nous sympathisons et partageons le diner, c’est le même souci. J’y rajoute les rafales de vent qui monteront jusqu’à 50 noeuds les autres jours, effet local uniquement, qui dissuadent de sortir du port, alors que les conditions sont correctes à l’extérieur. Voila, il fallait le dire !

Malaga est une ville superbe et qui mérite le détour que nous faisons en bus. Une cathédrale impressionnante, des ruelles  pavées de grandes dalles de pierre lisses, éclairées par les bar à tapas, la vie nocturne…

La Linea & Gibraltar

Ca y est, cap vers Gibraltar. Le rocher que l’on aperçoit de loin marque tout de même la fin de notre “transmed” commencée début juillet. 3046 milles nautiques, près de 5500 km en langue terrienne, en 4 mois.

Welcome to the Rock !

Cargos au mouillage

Cargos au mouillage

On remonte contre le vent de SW au près serré, car la mer est plate derrière la pointe de “Gib”. Force 6, de la toile en haut, on remonte à plus de 8 nœuds et le vent adonne près de la côte. Ce sera encore a la nuit tombée qu’on remontera la baie, au slalom entre les pétrolier et les cargos au mouillage. De nuit, c’est très impressionnant, car il devient difficile de savoir s’il sont effectivement arrêtés ou pas : leurs moteurs et leurs feux sont allumés en permanence, ils transbordent du pétrole, et il subsiste toujours une petite inquiétude quand on avance finalement son bord devant leur étrave gigantesque. Amarrage à La Linea de la Conception un peut avant minuit, le port Espagnol juste à la frontière de cette enclave britannique.

Slalom entre les cargos

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